April 28, 2026
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(Nairobi) – À l’approche de l’examen du Burkina Faso prévu pour le 23 octobre 2024, Human Rights Watch exhorte la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) à placer les enjeux critiques au cœur des débats. Il est impératif que le gouvernement burkinabè s’engage à protéger les populations civiles victimes du conflit, à garantir la liberté d’expression des journalistes et des opposants, et à mettre fin à l’impunité persistante.

Le mécanisme de suivi de l’Union africaine impose aux États membres de rendre compte de leur respect de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Le rapport soumis par les autorités en mai 2023, couvrant la période 2015-2021, omet des réalités préoccupantes, notamment les exactions commises par les forces de sécurité et les groupes armés islamistes, ainsi que le rétrécissement de l’espace civique.

« Cet examen représente une opportunité majeure pour engager un dialogue constructif sur les pratiques en vigueur au Burkina Faso », souligne Allan Ngari, directeur du plaidoyer pour l’Afrique à Human Rights Watch. Il insiste sur la nécessité pour la CADHP d’exiger des autorités une protection accrue des civils lors des opérations militaires, en conformité avec le droit international humanitaire.

Depuis 2016, le pays fait face à une insurrection menée par le GSIM et l’EIGS, aggravée par deux coups d’État militaires depuis 2022. Bien que le rapport officiel mentionne des formations en droits humains pour les forces de l’ordre, Human Rights Watch a documenté de nombreux cas de disparitions forcées et d’exécutions sommaires attribuées aux forces gouvernementales, qualifiés parfois de crimes contre l’humanité.

Parallèlement, les groupes armés islamistes continuent de terroriser les populations par des pillages, des enlèvements et des violences sexuelles. Face à cette situation, la CADHP a déjà exprimé ses inquiétudes concernant des massacres, comme ceux survenus à Karma ou Zaongo, sans toutefois obtenir de progrès judiciaires tangibles de la part de l’État burkinabè.

La répression à l’encontre de la société civile est également préoccupante. La junte au pouvoir a multiplié les mesures coercitives, incluant la conscription forcée utilisée comme outil de répression, ainsi que l’enlèvement de figures militantes et de journalistes, à l’instar des cas soulevés par la CADHP en 2023 et 2024. Il est crucial que la Commission envisage une mission d’enquête sur le terrain pour évaluer la situation réelle et formuler des recommandations concrètes visant à restaurer les libertés fondamentales au Burkina Faso.