July 30, 2026
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PolitiqueCameroun

Corruption : Richard Bona tacle la jeunesse camerounaise

Reliou Koubakin | Elisabeth Asen
30 juillet 2026

Le bassiste et chanteur Richard Bona affirme sur la DW que la jeunesse camerounaise est “corrompue” Des propos qui n’ont pas plu aux internautes camerounais.

https://p.dw.com/p/5HzsJ
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D’après un sondage d’Afrobaromètre publié en mars dernier, 57 % des Camerounais estiment avoir versé des pots-de-vin pour éviter des ennuis avec la police. Ils sont près de la moitié au Cameroun à avoir corrompu un agent public pour avoir des documents d’identité et 37 % pour bénéficier de soins médicaux.    

Dans une interview exclusive accordée à la DW, le bassiste camerounais qui vit en exil, Richard Bona, déplore la corruption dans son pays et critique surtout la jeunesse.

“La jeunesse au Cameroun est une jeunesse corrompue. Ils ont été élevés de cette manière. Ils ont cette façon de procéder : on attend juste des miettes d’en haut. A part quelques petites exceptions, vraiment rares, c’est une jeunesse corrompue. Et je ne pense même pas que le Cameroun s’en sortira.”    

Sur les réseaux sociaux, des Camerounais partagent cette prise de position. “Les enfants savent que le policier est en route pas pour leur sécurité, mais pour prendre 500 francs”, commente ainsi un internaute camerounais. Dans les rues de Yaoundé, le constat est aussi partagé.    

“Il y a des jeunes corrompus. Mais il y a aussi une majorité de jeunes qui subissent la corruption.“ 

“Oui, il existe une jeunesse qui subit les raccourcis. Oui, il existe des comportements condamnables. Mais aucun peuple ne se construit en jugeant toute une génération à partir de ses dérives.”      

“Je ne pense même pas que le Cameroun s’en sortira” (Richard Bona)

Le Cameroun à la traîne

Le Cameroun est 142e sur 182 pays, selon le dernier classement publié, en février dernier, par Transparency International.   

La Commission nationale anti-corruption (Conac), qui dépend de la présidence camerounaise, écrivait, dans son rapport de 2024, que “le Cameroun ploie toujours sous le poids de la corruption. Des milliards de francs CFA continuent d’être détournés des caisses de l’Etat par des individus”.   

Un internaute qui dit travailler pour l’Etat camerounais estime que “beaucoup de jeunes ne savent même plus ce qui est anormal. Ils se nourrissent de la corruption”.    

Ce n’est pas assez toutefois pour parler de toute une jeunesse corrompue, selon ces Camerounais.   

“Le plus important aussi, c’est qu’il faut savoir qu’il y a une partie de cette jeunesse qui est très battante, qui est combattive, qui essaie de faire les choses correctement, avec dignité, qui fait rêver.”    

“Le Cameroun bouge beaucoup grâce aux jeunes. Si tous étaient corrompus, le pays serait à l’arrêt.”    

Les jeunes sont victimes de la corruption

Pour maître Akere Muna, fondateur de Transparency International Cameroun et consultant international en matière de lutte contre la corruption, la jeunesse camerounaise est plutôt victime et “complice tacite de la corruption”. Une jeunesse, selon lui, “prise en embuscade”.    

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La corruption au Cameroun est systémique. Dire que les jeunes y sont pour quelque chose… mais ils ne gèrent rien. Ils subissent. Il faut qu’ils survivent. Alors qu’est-ce qu’il se passe ? Ils se prêtent au jeu.  Je pense que les jeunes doivent être sensibles au fait que leur avenir est hypothéqué par ce phénomène de corruption. Il faudrait qu’ils puissent le dénoncer.”      

“Pendant quarante ans, on a eu cette culture où ce n’est pas la compétence qui fait avancer, ce n’est pas le travail qui fait avancer. Les jeunes, ils apprennent vite. Il faut connaître quelqu’un, il faut le népotisme, le tribalisme pour pouvoir avancer“, dit encore l’ancien vice-président de Transparency International sur la DW.    

Maître Akere Muna souhaite une culture de l’éducation qui montre que le travail paie et que “si on est fainéant, on ne fait rien, on ira nulle part”.    

La Conac appelle pour sa part tous les agents du secteur public, comme du secteur privé, et les citoyens, à se mobiliser et à dénoncer la corruption. La structure dispose d’une ligne verte, le 1517, pour dénoncer tout acte de corruption.