« J’ai peur que le parti disparaisse » s’inquiète-t-il
Invité de l’émission de Zone Franche de la chaîne de télévision Canal3 Bénin, Léon Basile Ahossi a donné de la voix en ce qui concerne le retrait du président Boni Yayi de la tête du parti Les Démocrates. A en croire ses propos, la démission du président Boni Yayi est arrivé un peu tard.
Selon l’invité de l’émission Zone franche, la démission de Boni Yayi était une évidence parce qu’il n’avait plus le temps matériel pour gérer le parti. Il l’a confié à l’un de ses lieutenants en la personne du ministre Alassane Tigri. « Politiquement, je ne le trouve pas bien, mais c’est l’homme de confiance du président Boni Yayi et c’est lui qui devait réglementer et beaucoup de gens n’avaient pas le courage d’aller affronter le président Boni Yayi pour lui dire ce qui ne va pas », a indiqué Léon Basile Ahossi. Pour étayer ses propos, il donne l’exemple de la ligue des enseignants démocrates qui a été étouffée. « Je les ai vu se battre, mais ils ont été étouffés et je l’ai dit au président Boni Yayi. » L’autre erreur commise par l’ex-Chef d’Etat est de s’être porté à la tête du parti. Pour l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale, neuvième législature, « Le président Boni Yayi ne devrait pas postuler pour être le président du parti ; président d’honneur, c’était plus utile pour nous » a ajouté Léon Basile Ahossi. Comme à ses habitudes, l’ex-député Léon Basile Ahossi a su peser avec soin cette sortie médiatique en s’attaquant d’emblée aux maux qui ont miné le parti jusqu’à la démission du président du parti Boni Yayi. « Je trouve que la démission du président Yayi est arrivé un peu tard. Les raisons de santé, je les prends avec des pincettes. Je crois le temps nous dira le reste », a confié l’invité de l’émission, qui a évoqué les difficultés que les rapports conflictuels de Yayi avec Talon ont créé au parti. Il avoue que le parti était en train de se disloquer. « Moi je suis parti très tôt après mes débats, mais je voulais que le parti survive », a affirmé Léon Basile Ahossi. Plus loin, l’homme soutient qu’avec la nouvelle modification de la constitution qui impose le silence aux partis politiques que le parti Ld aura de la peine à suivre à tout ça. « Je regrette, j’ai peur que le parti disparaisse », avance- t-il. Aussi a-t-il regretté le fait que le président Boni Yayi n’était pas souvent ouvert aux reproches, ceci s’explique par le fait qu’il était mal entouré.
Sergino Lokossou